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Marjolaine Thiry - Portrait d'une artiste



Je suis Marjolaine Thiry, diplômée de l'école Olivier de Serres. J'ai commencé mon activité artistique depuis la sortie de l'école en 1995, et je suis à la Maison des Artistes depuis décembre 1999 . Mon travail se situe dans monde suspendu entre l'enfance et l'âge adulte, où mes personnages traduisent des êtres imaginaires de l'enfance, des peluches ou animaux naïfs, qui auraient grandi en même temps que l'enfant auquel ils appartiennent, mais devenu inadaptés, sans place dans ce monde d'adulte, se retrouvant exclu et abandonné, choqué par leur condition devenue absurde et leur présence inutile. Ces personnages nous rappelle ce liens affectif intense partagé avec ces êtres imaginaires, l'absence de ces objets transitoires comme l'étaient nos doudous. Mon travail sur ces êtres entre humain et animal m'ont porté à me questionner sur ce qui nous différencie des animaux et ce qui nous rapproche . A travers la philosophie, nous sommes des êtres évolués , nous possédons le langage, le questionnement, la créativité, ce qui fait de nous des hommes. Mais nous avons aussi la cruauté, la destruction, la folie, défaut ou vice que les animaux ne connaissent pas. Redevenir l'animal que nous étions nous ramènerai aussi au sens premier de la vie, à l'écoute de nos sens, notre émotivité, nos instincts, une forme de sagesse sans laquelle nous serions inhumain. Je travaille sur cette forme humain animal, animal humain comme un être qui aurait toutes les qualités humaines et animales à la fois, qui représenterai une forme de sagesse intemporelle appartenant à des temps anciens disparus, ou sorti d'un monde futur ou l'homme serait plus évolué que celui de notre monde actuel.


http://marjolainethiry.tumblr.com/


Création pédagogique L'ÉPÉE ÉPIQUE

Atelier DESTINATION2055 À LA CAMPAGNE

Atelier SALON DU LIVRE JEUNESSE

Créations pédagogiques CITÉ DES SCIENCES

Projet CULTURE & HANDICAP 2004-2008


Les Personnages de Marjolaine Thiry sont des peluches de papier -des objets transitionnels-rouge, rose, bleu turquoise... Hybrides de chiens, de chats, d’ours, ce sont surtout des Doudous hauts d’1,80 m. Ils ont grandi pour accompagner la croissance des enfants. Mais quelle place ont-ils dans le monde des adultes ? Leurs yeux ronds, leurs épaules étroites, leurs bras infinis, leurs oreilles interrogatives témoignent de leur détresse existentielle. On a, à les regarder, le même sentiment étrange que dans la confrontation avec les grands singes : il semble qu’il y ait de l’humain quelque part, ce sont nos alter, mais pas tout à fait égaux.

Evelyne Sosnowski


Se reconnaître

Dans une société que l'on n'a pas fini de critiquer pour sa dureté et son individualisme, il faut des gens comme Marjolaine Thiry pour renouer le dialogue. Ses personnages à taille humaine dégagent une étrange familiarité, suscitant des envies et des interrogations aussi profondes qu'irraisonnée.Leur créatrice les a souhaités aussi ouverts que possible. Gommant tous les détails qui pourraient créer la distance, elle a choisi des formes simples et des couleurs franches. Une stylisation qui n'a qu'un seul objectif: laisser à ceux qui les regardent toute latitude pour y projeter leurs histoires.


Susciter le dialogue

Objets transitionnels, ces créatures font appel à l'enfant qui est en nous. Pourtant, ce n'est pas une expérience régressive que propose Marjolaine Thiry. "Ce serait plutôt à nos peluches que l'histoire arrive ", explique-t-elle. Comme si ces compagnons de l'enfance avaient grandi en même temps que nous. Avec leurs têtes légèrement inclinées, et leurs postures incertaines, ils semblent un peu perdus. Et, immanquablement, ils nous renvoient à notre propre difficulté à nous repérer dans le monde que nous habitons. Si cela fonctionne si bien, si nous savons confusément que ces personnages ont quelque chose à nous dire, c'est qu'ils paraissent doués d'une vie propre. Cela tient au travail formel bien sûr, mais aussi aux plis du papier, leur peau. Papier encollé, Marjolaine Thiry tient à cette distinction d'avec le papier maché. Car, contrairement à ce dernier qui est mixé pour devenir une sorte de pâte, les feuilles de kraft qu'elle utilise gardent leur intégrité. Sur une ossature de bois, elle réalise les volumes avec ce qu'elle appelle une "sculpture de papier ",des boules mises en forme avec du scotch. Ensuite viennent l'encollage, et sa longue phase de séchage. Nous voilà au coeur du sujet. Il y a un coté très aléatoire dans ce séchage à l'air libre, le papier gondole, les plis se forment d'eux mêmes. Le processus est long, mais c'est lui qui achève de donner de la vie aux personnages. Le séchage crée une peau, une zone sensible de contact avec l'extérieur. Pas tout à fait rigides, les personnages évoquent quelque chose de fragile et de doux, quelque chose de l'enfance rendue timide et pudique, une fois projetés dans le paysage urbain.


Être au monde

Depuis quelque temps Marjolaine Thiry pousse la démarche plus loin. Elle les installe dans la ville et les photographie dans des environnements pour lesquels ils ne sont manifestement pas faits, un parking par exemple. Pendant les prises de vue, les réactions des passants sont en flux continu. Sans doute parce qu'alors, ces grandes peluches ont l'air plus perdues encore, plus fragiles, plus désemparées; comme nous, peut-être. Si, seuls, les personnages permettaient de nous interroger individuellement, la photographie, elle , à la faveur de la mise en scène, permet d'interroger le monde dans lequel nous évoluons.

Hélène Gugenheim, de la revue Les Métiers d'art

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